Les histoires de Clo, à la française.

31 janvier 2017

15/11/16

 

 

67 millimètres. Le début d'une autre vie tient dans la paume de ma main. Diable que tu grandis vite. J'ai hâte de te voir, j'ai hâte de connaître la couleur de tes cheveux. S'ils sont roux, j'aurais un éclat de rire pour ta venue au monde. J'ai hâte de te donner un prénom. Bien-sûr les idées fourmillent, mais tu porteras celui dont nous ne sommes pas encore sûrs et qui sera alors une évidence.

Je vais pouvoir tirer ma révérence. Enfin. Saluer les années d'errance, de quête d'on ne sait quoi, les égarements - même s'il y en aura encore - et embrasser ce qui donne déjà du sens à mes réveils. Avec toi tu as amené la part de paix qui parfois pouvait manquer, tu as mis du brouillard sur mes angoisses et les jours sont comme teints de lumière. Avoir ton être et ton devenir à penser, c'est commencer à s'oublier un peu. Il est temps de mettre derrière les broutilles, ce qui se transformait de temps à autre en montagne de rien. Ouf! Un grand coup de pied dans l'inutile, dans ce qui gâche le paysage, dans ce qui s'acharne à flétrir ce qui pourrait être beau. J'avais toujours en ligne de mire ce passage, je l'attendais, je l'appréhendais aussi, je devinais qu'il finirait par arriver. Ignorant le moment choisi, il fallait avoir confiance en chaque jour que Dieu fait. Il y en aurait un d'exceptionnel. 

C'est si bien tombé, une grâce offerte au moment opportun pour m'apprendre à être meilleure, à dépasser ce qui tire vers le bas. Il faut dire que j'en ai soupé, jusqu'à écoeurement. Mon quotidien n'était pas toujours celui que j'aurais imaginé, dans un milieu où l'insuffisance confine à la bêtise, souvent. J'ai foulé des herbes trop humides, j'ai manqué de glisser sur des pentes trop raides, j'ai croisé des êtres en mal de bonté. Je les laisse derrière moi comme des âmes en peine mais je ne pleure plus sur leur sort mérité. A semer le vent, la tempête menace. Qu'il est triste de voguer dans le chahut permanent, quel choix dommageable, pour soi et pour ceux qui souhaitent naviguer loin de la houle.
J'en suis, j'envoie paitre loin les mauvais bestiaux, j'espère qu'ils se fatiguent au plus vite d'irradier autour d'eux leurs ondes fétides. Immunisée je suis.

Je t'attends, avec la patience que j'apprends.

 

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05 octobre 2016

La photo, son image, ses personnages.

Elle est belle cette région. J'y suis, j'y vis depuis 9 ans et des brouettes. Si c'était que moi je lui p******** à la r**** mais ça se fait pas et concrètement...ben... J'peux pas.
Ça pue dans ce coin tellement c'est sale. Ca sent la bleno, la chaude-pisse, la mauvaise langue et conssort.
Autrement dit, c'est beau, ça reluit.
Ici c'est? Paris? Non, je m'y refuse, c'est pas Paris. J'ai une toute autre idée de la capitale. D'ailleurs j'ai du mal à mettre ça en parallèle. Pythagore ou Thalès aussi s'insugeraient.
Bref, parfois on côtoie l'insalubre, le dégenéré, ca marchande sa chatte et le tapis, ça ose alerter le péquin bon entendeur que ça touche à rien alors que ça mendie sa chair cicatrisée. Pas celle du coeur hélas, sinon je me sentirais concernée, ici c'est celle du bide, là où ça sent le périmé, celle où ca craint, celle où rien n'a jamais existé. Ici, meuf, ca sent le vide, et quand bien même quelque chose y serait, ce serait du déjà vu, de l'ensommeillé, du mort-né.
Tu ressembles à tes dessous de bras que tu cherches à ombrager, c'est un retour à la nature que tu ne sauras pas assumer cocotte. T'es trop ostensiblement dédiée à la vulgarité pour donner du crédit à la simplicité. C'est pas vendeur avec toi parce que la chance t'a épargnée : un jour Dieu est apparu et a dit : 'celle-la elle aura ni le physique d'Aphrodite ni le coeur d'un chien d'aveugle.'
Pas de bol mais tu aurais du te rattraper, faire quelque chose pour te disculper d'être aussi bête et mauvaise, de méconnaître le bon goût ℮n filant à l'anglaise. C'aurait été trop te demander, tu aspires à être abjecte et dénuée de paix.

Un grand kiss et fuck à l'imbécilité et à son égérie fidèle et destinée.


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06 août 2016

Heure locale.

'En fait il vaut mieux pas que tu m'aides, je perds mon temps à réparer tes bêtises.'
Il y a des gens qui ont des facultés. À étancher la soif, à combler les vides, à panser les bobos. Ils ont du talent.
J'ai le ventre en creux, l'aorte en friche. Elle sera bientôt raide comme la pierre qu'on y aura vu que du feu.
La grosse blague qui n'aurait jamais du exister. Elle me fait mal au crâne, elle m'a imbibée, évaporée, perdue, je sais plus. J'envoie au cieux les diables se faire mettre et j'espère avoir la vie sauve un peu là-haut. Si Dieu le veut.
Et pourquoi elle est pas allumée cette clope ? Et pourquoi elle n'est pas roulée? En plus c'est pas compliqué d'être roulée, regarde, moi, ça fait mon beurre, mon pain, mon dimanche matin.
Puis non, on est samedi. C'est même pas Versailles et puis tant pis. Les grandes eaux sont remises à plus tard, dans ma culotte ce serait le pied mais il ne faut pas trop en demander. Peut-être qu'un jour j'aurais la chair de poule sur la cuisse gauche parce que dans le cou on m'aura embrassée. Vers Monge ça n'aura jamais epongé, je dois raison me faire et raison garder.
'Tu pleureras un peu sur ma tombe.'
'J'irai la fleurir chaque semaine avec des pensées.'

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20 février 2015

PloucLand.

Steph

18h, gare d'Annecy. Voie A c'est direction Paris, y a un train à quai, c'est le mien.
Je viens de me faire déloger de la place qui n'était pas la mienne, à une voiture près. Certes j'étais en tort mais si la bande de bidochons pouvait arrêter de piailler, ce serait le top.
Exténuée je suis, je ne sais pas ce qui a été le plus dur aujourd'hui. Le lever dans le coltard au petit matin, Les deux séances de trois heures, le trajet en bagnole jusqu'à Annecy ou bien ces 3h40 de train qui ne défilent pas assez vite à mon goût. Heureusement, ou malheureusement, j'ai "mamidou" en tête et je repense à ces quelques instants agréables au beau milieu du désastre. Ca n'a pas été simple, illogique peut-être de développer. Bref, le grand air n'aura pas eu l'effet légendaire escompté.
Elle me manque la pollution, et aussi traverser quand le bonhomme est rouge, se faire klaxonner, jouer à Duel Quiz dans le métro, sonner à la porte bleue alors que j'ai les clés mais juste la flemme de fouiller dans mon sac, passer devant le rebeu d'à côté qui d'ailleurs est plus chinois que de là-bas, monter les dernières marches de l'escalier, me dire que je peux m'écrouler sur le canap´, qu'avec un peu de chance c'est lundi soir et que mon rendez-vous culinaire est pris, être jeudi soir et penser à demain, Clairis et notre tour du lac, Clairis et les suées dans le sauna avec un petit tour au hammam qui est résolument pas assez chaud, faire couler la douche glacée en frissonnant un peu, retrouver Zion qui fait sa ronde autour de la piscine en miaulant à la lune, sentir qu'il fait chaud alors qu'on avoisine le zéro, se faire appeler 'ma chérie' par belle-maman à´défaut de l'avoir entendu de la part de la vraie, se dire qu'elle porte bien son nom d'ailleurs, belle-maman. Manger des épinards ou mieux, des choux de Bruxelles, savoir que mon B. aussi les aime, savoir qu'on est pareils, me dire que c'est pas possible d'être gentil comme ça, c'est mieux que d'avoir gagné au Loto que d'être avec toi.
Il fait nuit, je m'ennuie. Les ploucs de devant sont revenus de la voiture bar avec le même volume sonore et leurs doggy bag me rappellent que j'ai faim.
La bande de joyeux lurons a déboulé dans le train en gare inconnue au bataillon, un bled entre Annecy et Bourg en Bresse et depuis, tout le wagon a droit à une symphonie de claquage de poubelle métallique, à la critique gastronomique de leur orgie culinaire à base de plats de cantine surgelés. Les gars, c'est leur sortie de l'année on dirait, la famille Groseille à Disneyland, Monsieur et Madame Beauf prennent le train pour Paris.
La mère, elle se mouche, elle se débrouille pour te faire sursauter, bien que cela aille sans dire, je me suis pourtant ruiné le cartilage en enfonçant comme je pouvais mes deux bouchons de mousse au fond des oreilles. Moi je préfère les vrais en cire mais G. trouve ça trop dégueulasse. V´là que la fille a une quinte d'éternuement maintenant.
Mon voisin de derrière me regarde avec un air entendu.
Excités comme des puces ils sont, et vas y que je me lève, qu'à la limite je te bouscule, que je chiffonne un sac en plastique, quinze ou vingt secondes sinon c'est pas trop trop marrant, que je commente avec délectation la saveur étudiée de ma piémontaise surchargée en mayo made in TGV, et je parle à haute et intelligible voix à mon frère qui est -je sais pas si c'est intégré- de l'autre côté du couloir.
Ca y est on est à Bourg en Bresse , quelques uns montent dans le train et je me dis que si je me fais à nouveau déloger, ça m'évitera de continuer mon layus sur mes globe trotter préférés, en train de vivre à fond le voyage de leur vie et d'en faire profiter les autres avec l'élégante discrétion dont ils ont hérité.
Bonne ou mauvaise chose, personne n'avait visiblement la place 43 de la voiture 8.

Steph


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18 février 2015

Loin.

Je ne sais pas qui est le plus triste. Mon visage encore perdu dans une nuit sans sommeil ou bien le gris ambiant qui défile derrière la vitre du train.
Il y a eu un bruit de porte proche de mes oreilles pourtant occultées par mes bouchons fétiches, en ce moment orange et bleu. Claquement métallique me faisant réaliser que je n'avais pas dormi, ou si peut-être quelques instants mais il y avait des morts ou je ne sais quoi. Décidément, rien ne me fait plus horreur que d'être déracinée. J'aime mes habitudes, ma stabilité dans une vie qui n'en a finalement pas trop. Mais c'est la ligne continue qui compte, mon lit, mon masque de nuit, mon coussin calé entre mes deux jambes, en chien de fusil, la bouche collé à son dos, les doigts déroulant peut-être les petites boucles oranges serrées du creux de sa nuque. Et mes boules Quiès.
C'est en mal de toutes ces petites choses que je réalise leurs valeurs, et bon Dieu ce qu'elles me manquent.
Le train a quitté Lyon à 8h38, une demie-heure plus tôt nous laissions les clés de la chambre d'hôtel rue Pareille. Un café, un bout de roulé, et c'est maintenant les rails sinueux qui serpentent entre les montagnes que mes yeux s'efforcent de regarder. Disons qu ils ont du mal à éclore ce matin.
M. a bien dormi, mais elle fait sa loque sur les deux sièges me faisant front. Je l'envie de pouvoir trouver le sommeil dans une chambre qui n'est pas la sienne et dans des positions qui a vue de nez ont bien l'air inconfortables. Je dois être une petite nature, le côté roots je l'ai mis de côté y a quelques années.
Ca y est elle émerge et se sert de son portable comme miroir, histoire de réaliser que sommeil ou pas, on a quand même vraiment une sale gueule ce matin.
Et dire qu'on lit ou entend à longueur de journée combien on est jolies. C'était sans avoir vu nos bobines au réveil. Le mythe est brisé, ça tombe bien, y a pas de mythe, pour l'une comme pour l'autre et c'est bien pour ça que je l'aime bien ma collègue. Ce je-m'en-foutisme nonchalant, j'aime.

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16 février 2015

Désolée pour le verre.

La tête calée sur mon pyjama roulé en boule, les aspérités de la route résonnent comme un bourdonnement monocorde. Mes oreilles sont, comme à l'accoutumé, bouchées par mes indispensables boule Quiès, qui font leur office pour me couper du monde et avoir la délicieuse sensation que personne aura accès au mien.
Porte d'Orléans, 6h du matin, et je m'étonne de tous ces péquins lève-tôt, que j'imagine aller au charbon tandis que je m'apprête à prendre la route pour Lyon, avec M. et des inconnus. Ceci dit, nous aussi on va au charbon, je me serais allègrement bien gardée de laisser mon B. à la maison, 4 jours c'est trop long et ce lundi s'annonce être la journée la plus chiante du séjour, si on met de côté le fait que demain soir auront lieu des retrouvailles plus qu'appréhendées.
4 semaines que l'angoisse a pris part à mon quotidien, insidieusement, de façon sourde et continue.
J'ai tout fait pour ne pas y aller tellement rien qu'à cette idée, mon estomac devenait lourd et brûlant. C'était pourtant mon idée y a deux ans maintenant, quitter Paris pour la montagne. Nos enfants y auraient galopé, on devait y être heureux. Cette maison nous a plu au premier coup d'oeil, c'était presque inespéré. Les grandes chambres avec ces hauts plafonds, le parquet qui grince et la cheminée en marbre, on y serait bien là, après quelques travaux évidemment mais Papa nous aurait aidés. Quelques mois plus tard, je faisais une photo des clefs posées sur un carton, à côté d'une bouteille de champagne. C'était mon idée, c'était ce que je voulais, et puis l'alliance autour de mon doigt ne laissait plus place au doute, notre vie était un kit Ikéa, restait plus qu'à assembler tout ça, en suivant à la lettre la notice sous peine d'avoir quelques mauvaises surprises.
Le problème c'est que quand je cuisine, j'ai la sainte horreur de suivre le déroulement de la recette, d'ailleurs j'ai jamais de recette, au mieux j'invente, au pire je rate, mais au moins l'ennui n'est pas de la partie.
L'impulsivité participe aussi à rendre la vie moins insipide. C'est pas toujours une réussite, parfois je regrette.
D'ailleurs, désolée pour le verre.
C'est vrai que son contenu n'était pas destiné à son pull, mais les cendres de sa clope étaient malvenues dans ce gobelets que je venais de remplir. Y en a ils sont comme ça, ils cendrent sur le parquet quand ils sont pas chez eux, et ils cendrent dans le verre des autres... Quand ils sont chez eux. Ma foi.
Mais bon, je maintiens, j'aurais pas du. Ce n'est pas parce que sang et semence ont souillé mes draps que pull et pantalon devaient subir le même sort.
De temps en temps, ça part tout seul, le lendemain je suis partagée entre regrets et incompréhensions, me demandant si ce qu'il s'est passé a bel et bien existé. C'est un peu comme si ça avait eu lieu sans moi, le petit monstre fâché et blessé a parlé à ma place. Il faut dire qu'il a ses raisons, aussi.
Mais voilà, il arrive aussi que mes exécutions hâtives soient salutaires. Sinon je ne serais pas domiciliée dans la rue la plus gaie de Paris, avec le plus roux de tous les roux, à vivre une vie heureuse, insoupçonnée après tant de dérapages.
Je serais jurassienne, une Emma Bovary des montagnes, qui porte certainement beaucoup d'affection à son mari mais qui est incapable de l'embrasser avec amour et passion, de l'embrasser tout court d'ailleurs. J'aurais peut-être eu un gros ventre là, je ne sais d'ailleurs pas comment ça aurait pu arriver, mais on se serait forcés j'imagine, comme à chaque fois. Je chasse rapidement ce tableau de mon esprit tant il me fait horreur et je pense à demain, je ne sais pas de nous deux qui sera le plus mal à l'aise. Surement moi, à te voir plongé dans une gêne incommensurable, il y aura contagion.
Heureusement, il y a M., sa présence est bénie, la glace se brisera plus facilement j'imagine. Et puis, c'est deux nuits sur place, et trois jours. Je devrais tenir le coup, du moins je m'en convaincs.

La route est droite, la cime des arbres dans la brume, le climat jurassien sera sûrement moins clément que le parisien. Je tape sur mon clavier tandis que M. dort, ou tâche de dormir. Tout est silence et sifflement régulier, vivement qu'on arrive, il restera alors moins d'heures à compter avant de te retrouver.

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17 juillet 2014

Les voiles.

Ce blog était une époque, il a accompagné les joies et les peines de ce début d'année, jusqu'à aujourd'hui.
A me relire, à me souvenir, j'entends combien cette époque est derrière mon épaule et j'ai juste envie de me fendre d'un dernier volte-face pour la saluer, lui dire merci pour la conclusion qu'elle m'a offert.
Je me plais à être heureuse, à découvrir le calme, la mise en sourdine de mes peurs et j'appréhende avec sérénité et confiance la suite des aventures.
Il y a quelques regrets, quelques sentiments exacerbés que j'aurais pu m'épargner, des amitiés fânées, qui flairent aujourd'hui la pestilencielle odeur de moisissure, à l'instar de mes idéalisations chroniques et passagères qui faisait de moi ce que j'ai trop bien connu.
Consacrer des posts et des posts à ceux qui aujourd'hui ont parcouru des cents et des milles pour finalement échapper avec bonheur de mon horizon, c'était un chemin, qu'il fallait que j'arpente pour en être arriver à cet instant T où je peux enfin partager mes joies.
Il m'a fallu des jours, des heures d'errance, pour avoir enfin la conviction que la pente était dangereusement abrupte, que la paix m'attendait en des lieux plus sûrs. Il ne me reste qu'à savourer la tranquilité des instants, faire un saut à Martigues où Apolline trempera dans le baptistère, achever les semaines chaudes et légères à Clairis sur la terrasse ombragée face au lac, faire écho à toutes les polyphonies écoutées en foulant les criques corses pour mes 27 ans, se dire que ce sera notre premier été indien mais sûrement pas le dernier.
Mais jusqu'à nouvel ordre, je décide de garder précieusement le contenu de mon alégresse dans notre cocon, construit jour après jour avec ferveur et amour véritable, préférant la douceur des amitiés proches à un déballage impudique qui ne m'apporte à cette heure plus rien.
Merci à tous ceux qui sont passés par ici et qui ont soutenu mes écrits parfois maladroits au parfum trop prononcé d'éthylène dont je suis aujourd'hui écoeurée. Une page se tourne comme on dit, je souhaite à tous la paix salvatrice qui m'a été confiée.

photo (1)

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03 juillet 2014

Demain.

 

Il y a 111 jours, le 11 mars dernier, j'écrivais combien j'avais envie, besoin de le voir. Je me relis et je me trouve ridicule, j'avais besoin de personne pour m'humilier, comment croire avec cécité peut rendre stupide, vide.
Demain, c'est le bouquin avalé et digéré en Savoie (merci vous). Comme quoi je peux de nouveau faire de la lecture un loisir, sans angoisse, comme quoi la vie s'en trouve changée en bien des points.
Demain, c'est aussi les heures que je n'aurais plus à compter, le rayon d'un soleil qui revient. France-Allemagne, je bouderai même pas. Pas sûre qu'on suive bien l'affaire, réflexion faite.
La journée aspi-serpi c'est fini, je pense que Gaîté n'a jamais été si peu envahi. Samedi c'est Clairis, et trois jours en amoureux, y a quelques chances de kiffaõ. Surtout si cette crapule de chat ne fait pas partie du voyage, surtout si j'ai pas besoin de prendre le volant, surtout s'il n'y a que toi.

Hier Riton a cru bon d'aller nous sustenter dans le quartier le plus heureux de Paris, entre accent de tafiole assumé et dégaine évocatrice, on avait pas besoin d'attendre que le 'coiffeur' (I guess) de la table d'à côté commande un hot dog pour savoir que sa cuti il a virée.
Puis les mecs étaient raccords, le Brazile et sa chemise taille L qui lui moule pecs et biceps à la perfection, assortie de son pantalon vert qui rivalise sec avec le jaune moutarde Amora. Et le Riton avait visiblement eu la même idée ce jour là. Impec les mecs.
Manu, on t'a attendu, et Inès, Aliénor et toutes celles qui n'étaient pas là, t'embrassent sûrement chaleureusement.

Vivement demain bon sang, je tiens plus en place et de trépigner je finis par en être agacée. Y a cette petite boule au niveau de l'estomac qui se réveille quand je pense à toi. Et demain risque fort de ressembler à une éruption Strombolienne. A tout point de vue.

photo

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30 juin 2014

Vendredi 4.

Il y a ces gamins qui jouent à quelques mètres et j'entends ce bruit lointain et familier qui rappelle avant. Des cris qui n'en sont pas vraiment, des rires, couverts par le pépiement des oiseau, un tracteur sûrement au loin, et le vacarme sourd de la campagne qui me donnerait presque des acouphènes.
Le Jura n'est pas loin, j'aurais pu y faire un saut, mais qu'a t'on à se dire si ce n'est cocher une case sur le papier, celui qui mettra fin à mes rêves de robe blanche, mes envies de romance pour l'éternité...?
Non, les chalets de bois et leurs tas de rondins, de bûches, prêts à réchauffer les autochtones pour l'hiver qui dure trop longtemps, je les relègue à un 'plus tard' que je n'espère pas. Il me rappelle cette douleur diffuse et incomprise des solitudes qui copinent avec la petite mort, les mercredis où Maéva partait à 20h, si tant est qu'on avait pu décaler l'échéance, le soleil qui se couche sur les feuilles orangées, l'odeur de la soupe et maman qui dit de rentrer.
Ca me rappelle les photos dans leurs albums à la reliure vieillotte dans les tons de marron qui trônaient sur le bahut de la salle à manger, et la grande soeur qui dit: 'De mon enfance je ne me souviens de rien, rien, sauf ce que j'imagine à partir des photos qu'on avait.'
Qu'est-ce qu'il s'est passé?
Aujourd'hui, ce sont les points sur les i qui ont été mis, des rancoeurs fraternelles, des aigreurs qui sentent le rassis, puis c'est reparti comme en quarante. Chaque sortie de Paris est une occasion pour les décisions, les partis pris, les conversations qui n'auraient pas eu lieu sans départ, sans grand air, sans remise en question.
Mon ange, tu me manques, t'es trop loin, et sans toi mes jours sont tristes. Je les ai comptés, il n'en reste plus que trois, complets, vendredi sera un jour nouveau, et les heures qui nous sépareront alors seront accompagnés de joie.
J'aurais remis à neuf ton appartement, rangé, fait briller, et j'irai à Roissy t'attendre au terminal qui conviendra, j'espère sans me tromper. J'imagine que tu ne t'y attends pas, et me jeter dans tes bras connaitra alors toute sa portée.
La Savoie c'était sympa, les séances au Picon Bière, j'achète, le travail au milieu des montagnes aussi.
Les nuages s'extirpent peu à peu du ciel et nous quitterons Salvagny avec le grand bleu qui nous domine.
Assise sur le vieux banc de bois aux abords du gîte, j'entends les quelques voitures passer, je respire l'air décidément moins pollué qu'à la capitale, et je me dis que j'avais espéré ce moment depuis mon arrivée sur les lieux. Que j'avais eu alors cette angoisse naissante qui peut momentanément me paralyser, entre peur, panique, tristesse, d'un déracinement que je ne peux maitriser.
Puis le temps a passé. Et quand j'en prends conscience, je me dis que mes 50 ans ne sauraient tarder. Que d'un battement d'aile, ce sera arrivé, et qu'il est regrettable d'espérer en douce que les minutes, les heures, les jours et les années s'épuisent sans que l'on ait pu en profiter. Parce qu'on aurait pensé que c'était du temps gâché, qu'une étape devait être sautée, comme celle-ci par exemple, où je n'attends que toi. Que vivement que j'entende ce petit bruit maintenant familier, de l'application internationale qui nous a relié pendant ces deux semaines interminables, voire minables.
Tu me manques.
Je t'aime.

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25 juin 2014

Si c'est ça l'amour, alors je l'apprends.

Le ménage d'un printemps tardif qui a attendu le début de l'été pour s'acter en bonne et due forme.
La forme alambiquée d'un truc improbable que j'aurais pas vraiment pu anticiper, soupçonner.
Soupçon manquant, peau de saucisson, mêlé à espoir, foi et conviction : je ne pensais pas.
Penser m'échappe souvent, quand sentiments, émotions, désirs, désarroi se mêlent au présent festif et vivant.
Vivre, comme être porté, sentir que la pseudo maitrise, toujours indécise, on a bien envie de la procrastiner, oublier de trop méditer, de tout contempler... Et Apprécier.
Apprécier mais jusqu'à quand accepter de supporter à défaut de se réveiller?
Eveil forcé, pendule à l'heure, table rase, compteur à zéro, recommencer, repartir.
Partir de plus rien, jouer à 'un, deux, trois, soleil ', à vos marques prêts, partez.

La vie double face. Vase communiquant. Quand le bonheur des uns fait l'aigreur des autres.
#jeneveuxaimerquetoi

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